
Un gant en soie de mer,originaire de Tarente,en Italie et datant probablement de la fin du XIXe siècle. (OWN WORK / JOHN HILL)
Il y a quelques semaines,des scientifiques coréens ont réussi à comprendre d'où venait la beauté de la soie de mer,le textile le plus précieux du monde. Tout commence par là où la moule s'accroche à son rocher : le byssus. Ces petits poils servent à se fixer à la roche. Un jour,les Grecs anciens ont eu l'idée bizarre de les tisser. Pour avoir des poils assez longs,ils utilisèrent le byssus de la plus grande moule du monde,la grande nacre (qui peut mesurer un mètre de long).


Une pinna nobilis,ou grande nacre,en Méditerranée,près de la Costa Brava,en Espagne,en 2010. (ULLSTEIN BILD / GETTY IMAGES)
Au terme d'un procédé aussi complexe que secret,ils en tiraient une étoffe extrêmement fine et dorée. Ils l'exportaient ensuite sur les routes de la soie,jusqu'en Chine. Comme les Chinois ne croyaient pas qu'un si beau tissu puisse venir d'un coquillage,ils inventèrent une histoire de bélier à la toison d'or,c'était plus vendeur.


Ancienne gravure illustrant la fuite de Jason avec Médée et la Toison d'or. (MIKROMAN6 / MOMENT RF / GETTY IMAGES)
Depuis,la soie de mer,dont le secret se transmet de mère en fille,a vêtu les papes et les empereurs de l'Histoire. Mais depuis quelques décennies,la grande nacre,victime d'un parasite lié au réchauffement climatique,est au bord de l'extinction. La soie de mer a disparu avec elle. Il ne reste plus qu'une seule femme au monde,en Sardaigne,qui sache encore la tisser.
Depuis cette découverte,les scientifiques travaillent déjà à produire de la soie de mer à partir de moules de cuisine. Donc,vos prochains repas de moules-frites seront peut-être recyclés en pulls dorés. Cependant,il faut plusieurs milliers de moules pour tricoter un simple mouchoir.
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